Le 7 septembre 2010, emmenés par Pascal Buchet, 1er secrétaire fédéral, les militants de la Fédération des Hauts-de-Seine du Parti Socialiste se sont mobilisés en masse au cœur de la manifestation contre le projet gouvernemental de démantèlement des retraites.
Grand succès pour ce rassemblement parisien où des centaines de milliers de personnes ont fait la preuve de la volonté populaire de ne pas laisser le gouvernement Sarkozy-Fillon ajouter le déni de la démocratie à l'injustice de cette contre-réforme.
Au-delà, à travers tout le pays ce jour-là, des millions de Français ont manifesté leur attachement au droit à la retraite à 60 ans. Le combat ne fait que commencer...
Communiqué du Conseil national du PS Paris, le 08 septembre 2010
Le gouvernement doit entendre les millions de manifestants
La journée de
mobilisation du 7 septembre 2010 a été historique par son ampleur. Plus
de deux millions et demi de Français n’ont pas hésité à sacrifier le
salaire d’une journée pour faire grève et aller manifester. Cette
mobilisation est à la mesure du mécontentement et de l’inquiétude face à
la politique menée par Nicolas Sarkozy. Alors que l’économie française
est enlisée dans la crise, que le chômage reste à 10% et que la
précarité et les inégalités progressent, les choix de ce Président
aggravent la situation : absence de réelle politique économique pour
sortir la France de la crise, refus de soutenir le pouvoir d’achat pour
relancer la consommation, politique fiscale injuste et réduction des
moyens de tous les services publics, à commencer par l’éducation, la
santé et la sécurité. S’il y a une facture de la crise, il y a surtout
une ardoise Sarkozy, qui va plomber l’avenir de notre pays pendant de
longues années. Dans ce contexte, les mesures sur les retraites
sont une véritable provocation. Si elles étaient appliquées, elles
aboutiraient, via le relèvement de l’âge légal à 62 ans et de l’age du
taux plein à 67 ans, à faire peser l’essentiel de l’effort sur les
salariés qui ont eu les carrières les plus longues, les plus pénibles ou
les plus fragmentées. Dans le même temps, malgré les annonces faites à
la suite de la journée de manifestation, il n’y a toujours pas de vraie
mise à contribution des revenus du capital. Et malgré cela,
parce que le gouvernement refuse d’élargir réellement le financement à
tous les revenus, le déficit est loin d’être comblé. Le trou restera de
25 milliards en 2011 et de 40 milliards en 2050. Notre système de
retraite n’est donc pas sauvé. Le gouvernement se contente de masquer
les déficits jusqu’en 2012, en vidant le Fonds de Réserve des Retraites
(FRR), ce qui est le comble de l’irresponsabilité. Les Français
sont parfaitement prêts à faire des efforts. Beaucoup d’entre eux sont
disposés à travailler plus longtemps, compte tenu de l’allongement de
l’espérance de vie. Mais à condition que les efforts soient justes,
qu’ils soient partagés équitablement et qu’ils soient utiles. C’est tout
le contraire que fait cette réforme. Les annonces du Président de la
République de ce matin ne changent rien au cœur de la réforme. Contrairement
aux mensonges de la droite, l’alternative n’est pas entre cette réforme
et le chaos, mais entre une réforme profondément injuste et qui ne
règle rien, et une autre réforme, possible, juste, équilibrée et
durable. Le Parti socialiste a fait des propositions équilibrées
qui articulent la protection des salariés les plus modestes et les plus
exposés (grâce au maintien de l’âge légal à 60 ans), la mise à
contribution des revenus du capital et la prise en compte de
l’allongement de la durée de vie (par un relèvement modéré de la durée
de cotisation). Non seulement ces propositions sont justes, mais elles
permettent de combler le déficit du premier au dernier euro. Le PS
propose un système de retraite choisie, universelle et personnalisée,
qui prenne en compte les situations et les choix individuels et où
chacun puisse véritablement choisir l’organisation de sa vie. Il
s’agirait d’une vraie réforme : c’est-à-dire d’une réforme qui apporte
un progrès. Pour l’adoption du texte, le gouvernement a fait le
choix du passage en force. Il a décidé un débat expéditif au Parlement,
rendu possible par la réforme scandaleuse de la procédure parlementaire. Après
la mobilisation du 7 septembre, ce choix s’apparente à un véritable
déni de démocratie. Une démocratie adulte, ce n’est pas une démocratie
où le Président décide de tout, seul. C’est une démocratie où les corps
intermédiaires sont écoutés et les citoyens respectés. Le
Conseil national du Parti socialiste appelle solennellement Nicolas
Sarkozy à prendre en compte la mobilisation populaire et à écouter les
partenaires sociaux. Le Parti socialiste mènera le combat au
Parlement contre ces mesures iniques et y portera ses propres
propositions. Il suivra avec attention les décisions des syndicats et
soutiendra les initiatives qui pourraient être prises pour continuer le
combat par tous les moyens républicains.
Pour une
réforme juste et durable, le Parti Socialiste se
mobilise pleinement aux côtés des organisations
syndicales pour une nouvelle journée nationale
d'action pour la défense du système des
retraites le mardi 7 septembre 2010
Mardi, devant des militants UMP, Nicolas
Sarkozy n'a pas hésité à mettre en cause la responsabilité de
François Mitterrand dans les besoins de financement du système de retraite. La raison?
Le président de la République élu par les Français en 1981 a tenu sa
promesse de campagne: faire la retraite à 60 ans.
Pourtant, le même Nicolas Sarkozy
s'enorgueillissait en 1993 dans une émission télévisée
d'avoir voté «pour la retraite à 60 ans»*. C'est donc en toute logique
qu'en janvier 2007, interrogé par Le Monde sur le sujet, il assurait
que «le droit à la retraite à 60 ans», interview qui fut longtemps fièrement affichée sur le blog de
l'actuel ministre du travail, Eric Woerth... jusqu'à ce que le PS la
mentionne sur son site.
Lors du débat d'entre deux tours en mai 2007, il
affirmait également que grâce à la réforme Fillon, le système de
retraites était équilibré jusqu'à... 2020, comme le notait le blog Intox 2007. Tellement
qu'aujourd'hui, le propre site du gouvernement évalue le déficit du
système pour 2010 à 32 milliards d'euros.
Mais de toute façon, le chef de l'Etat le précisait
lui même sur les ondes de RTL en mai 2008, il n'a «pas
de mandat» pour reporter l'âge de départ en retraite, puisqu'il n'en a
«pas parlé» pendant sa campagne.**
Parce que c'est une protection pour les plus fragiles, et une liberté
pour tous, les socialistes ont eux toujours défendu la retraite à 60
ans.
Conforter le niveau des pensions remis en cause par la droite par les réformes de 1993 et de 2003.
Prendre en compte la pénibilité et revaloriser les petites retraites.
Maintenir l’âge légal de départ à 60 ans.
Mettre à contribution l’ensemble des revenus, y compris ceux du capital.
Une réforme durable : un financement assuré jusqu'en 2025, et au-delà.
Des mesures précises pour assurer l’équilibre financier : Il faut mobiliser 45 milliards d’euros à l’horizon de 2025. Pour cela nous proposons :
25 milliards d’euros mobilisés sur les revenus du capital, sans pénaliser la croissance.
12 milliards d’euros grâce à l’augmentation modérée et étalée dans le temps des cotisations.
Des mesures fortes pour l’emploi des seniors. Cela permettra de dégager au moins 6 milliards d’euros,
qui permettront notamment d’améliorer le niveau des pensions.
5 à 10 milliards d’euros grâce aux réformes de structure : incitations pour ceux qui le peuvent et le
souhaitent à travailler plus longtemps.
Et pour sécuriser le système, nous alimenterons le Fonds de réserve des retraites pour faire face à toutes les situations grâce à une surtaxe de 15% sur l’impôt sur les sociétés acquitté par le banques.
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