Le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC), présenté ce soir au conseil municipal, fustige la gestion de la ville. Il porte sur les exercices 1994 et suivants.
Augmentation de la dette, anomalies dans certains frais généraux, fiabilité des comptes contestée, dépenses fastueuses pour les réceptions, fêtes et cérémonies, des milliers de kilomètres aux compteurs de voitures de service, attribution d’heures supplémentaires « abondantes » à certains agents… Le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) du 6 avril dernier qui sera présenté devant le conseil municipal ce soir épingle la gestion de la ville de Levallois.
Ce rapport porte sur les exercices 1994 et suivants, mais les magistrats se sont principalement intéressés à l’avant-dernière mandature de Patrick Balkany, faisant l’impasse sur l’ère de Chazeaux, son prédécesseur. L’opposition municipale dénonce « une situation financière catastrophique » et promet de demander des comptes au député-maire UMP. Les débats s’annoncent animés ce soir.
Une dette en augmentation. Selon le rapport de la CRC, la dette de la commune a doublé entre 2000 et 2006, passant de 156 M€ à 236 M€. Stable jusqu’en 2003, l’endettement s’est alourdi à partir de 2004, étant plus élevé que la moyenne des communes du département (3 777 € par habitant contre 1 619 €) . La chambre souligne par ailleurs qu’il convient, pour que soit appréciée réellement la situation financière de la commune, de tenir compte de l’émission de billets de trésorerie pour un montant de 200 millions d’euros pour préfinancer les ZAC. Ces derniers ont été soldés cet hiver pour un prêt auprès de la Caisse des dépôts et consignations de plus de 100 M€.
Anomalies dans les rémunérations. La chambre a noté des heures supplémentaires abondantes attribuées à certains agents. Elles présentent, à ses yeux, « un caractère de primes forfaitisées ». Et dépassent même de 180 %, dans le cas d’un autre agent, le volume autorisé. Elle relève aussi qu’un proche de Balkany a cumulé plusieurs fonctions, ce qui est contraire à la loi du 13 juillet 1983.
Des voitures de service coûteuses. La chambre épingle des abus dans l’utilisation des véhicules municipaux. Elle note « de nombreuses utilisations ne présentant pas de caractère de déplacement professionnel pour des péages aller-retour et du carburant le plus souvent en fin de semaine pour un trajet dans l’Eure avec une carte carburant attribuée au cabinet des adjoints » et constate le kilométrage anormalement élevé de certains véhicules.
Un train de vie fastueux. Les dépenses de frais de réceptions et fêtes et cérémonies (factures de réceptions, cocktails, buffets…) ont littéralement explosé, passant entre 2000 et 2005 de 239 000 € à près de 500 000 €, et même d’un million d’euros si on ajoute les dépenses réalisées par l’association Levallois communication. Les achats réguliers de denrées alimentaires en petites quantités (plus de 60 000 € en 2005) attirent l’attention des magistrats qui n’ont trouvé aucun bon de commande ou de livraison. Tout comme les repas de service et ceux organisés lors des conseils municipaux, imputés sur le poste « frais de réception ».




Les commentaires récents