Réunis le samedi 12 novembre en Congrès fédéral à Clichy, les socialistes des Hauts-de-Seine ont adopté à l'unanimité une motion sur les violences urbaines. Nous les condamnons avec force, comme nous dénonçons aussi les provocations de Nicolas Sarkozy :
La condamnation doit être sans appel. Les violences qui secouent plusieurs quartiers de banlieues depuis plus d’une semaine ne peuvent recevoir aucun soutien de la part des républicains et des socialistes que nous sommes. Mais une prise de position ferme doit s’accompagner d’une analyse qui permette de comprendre comment on en est arrivé là… il n’est en effet, pas plus en politique qu’en médecine, de bon remède qui ne soit précédé d’un diagnostic pertinent.
Il y a tout d’abord la brutalité de l’évènement : Nicolas Sarkozy utilisant un langage indigne d’un ministre de la République, qui stigmatise des franges entières de la population, vilipendant des citoyens français avec des accents réservés jusque là à l’extrême droite. Bien sur, à force de jouer au pompier pyromane, J.Chirac puis N.Sarkozy ont fini par provoquer des catastrophes. Pourtant il serait erroné de penser qu’il s’agit de simples manœuvres de court terme pour chasser sur les terres électorales lepénistes, voire de maladresse. Derrière ces déclarations provocatrices, il y a une politique délibérée, systématique, cohérente, menée par les gouvernements successifs de droite depuis 2002. On en mesure aujourd’hui le résultat.
Il serait trompeur de croire que l’obsession du locataire de la place Beauvau quant à la tolérance zéro répond à une sorte de monde idéal fait d’ordre. La manœuvre est plus complexe, le dessein plus politique. Ce faisant, il a déclenché une tempête dont on voit pour l’instant mal comment il va sortir.
La droite qui gouverne actuellement, a comme modèle le néo-libéralisme, cadre idéal pour les entreprises affranchies de ces carcans que constituent la solidarité nationale et le contrat social à la française. Ce modèle a aussi son credo : le retour de toute activité au marché et à ses acteurs (cf la privatisation d’EDF). Cette politique a un coût social élevé : chômage, abandon des plus faibles (personnes âgées, handicapés, chômeurs..). Il convient donc, pour cette droite, de mener en parallèle une double politique. D’une part, désengager l’Etat et casser le lien social entre les citoyens. D’autre part, confier aux bonnes œuvres, la prise en charge, sous forme de charité, des laissés pour compte de ce monde
Privés de services publics, connaissant un taux de chômage de plus du double de la moyenne nationale, des quartiers entiers ont été relégués au ban de la République. Sur cette misère sociale, se sont développés délinquance, loi du plus fort, trafics en tout genre dont l’immense majorité des habitants sont les premières victimes. Le déni d’abord, la culpabilité ensuite ont conduit à une forme d’impuissance politique, au détriment de la défense des idéaux républicains.
La méthode, c’est le communautarisme : favoriser le repli sur soi, flatter l’appartenance identitaire. Bref, confiner chacun dans son particularisme supposé en remplaçant le lien social par la soi disante « appartenance culturelle ».
Dans le même temps, on coupe les subsides aux associations, aux auxiliaires de justice, on fait disparaître la police de proximité dont chacun reconnaissait que sans être une panacée, elle constituait une première réponse, Bref, il désengage l’Etat, brade les valeurs de la République que sont la solidarité et la fraternité et favorise les tenants d’un communautarisme exacerbé.
Rompre avec cette politique est évidemment une absolue nécessité. Pour cela il faudrait articuler une politique cohérente localement et nationalement.
• Organiser la mixité sociale dans les communes par une politique de la ville ambitieuse et réaffirmer l’accès à l’emploi comme la priorité des priorités par des mesures concrètes en matière de pouvoir d’achat, d’emplois pour les jeunes.
• Mener une politique de lutte sans réserves contre toutes les formes de discriminations (origines, situations géographiques, sexe, handicap etc.) et résoudre notamment le véritable problème de représentation politique en France en favorisant la diversité à l’image de notre société, cela passera au niveau national, fédéral et local par des engagements clairs et assumés.
• Réimplanter les services publics au plus près des populations en difficultés, faire de l’instruction et de l’école la clef de voûte qui permettra à chaque jeune d’accéder à un savoir puis de parvenir à une véritable ouverture sur le monde du travail et faire du droit effectif au logement une grande cause nationale.
• Dénoncer le communautarisme de tout bord qui est incompatible avec les valeurs républicaines et réaffirmer que le principe de laïcité est universel.
Notre priorité dans le département des Hauts-de-Seine est de se battre pour que les causes réelles du « mal des banlieues » soient enfin traitées à la base et combattre la démagogie et les outrances du ministre de l’Intérieur (qui applique ses méthodes dans notre département dont il a fait un « laboratoire »), et du gouvernement qui n’ont pas su envoyer un message fort à tous les jeunes talents qui parallèlement s’affirment dans les quartiers.




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